
Les résultats PISA 2025, publiés le 8 septembre 2026 par l’OCDE, dressent une nouvelle fois un constat préoccupant : en France, les performances des élèves de 15 ans reculent en compréhension de l’écrit et en mathématiques par rapport à 2022.
Les résultats français comptent désormais parmi les plus faibles enregistrés depuis la participation de la France à l’enquête PISA. Mais derrière les classements et les moyennes se trouve une question beaucoup plus importante pour les parents : comment éviter que les premières difficultés rencontrées par un enfant ne s’installent et ne s’accumulent au fil de sa scolarité ?
Car si PISA évalue des adolescents de 15 ans, les compétences nécessaires pour comprendre un texte, écrire, raisonner ou résoudre un problème se construisent progressivement, dès les premières années d’école élémentaire.
Et le CP constitue justement une étape particulièrement importante.
Que disent vraiment les résultats PISA 2025 en France ?
PISA, le Programme international pour le suivi des acquis des élèves, est une enquête menée par l’OCDE auprès des jeunes de 15 ans. En 2025, plus de 760 000 élèves issus de 91 pays et économies y ont participé. En France, l’échantillon comprenait 6 501 élèves issus de 289 établissements.
L’enquête évalue notamment leur capacité à mobiliser leurs connaissances en mathématiques, compréhension de l’écrit et sciences.
En France, les résultats de 2025 sont inférieurs à ceux de 2022 en mathématiques et en compréhension de l’écrit, tandis qu’ils restent globalement stables en sciences. Sur une période plus longue, le recul apparaît encore davantage : par rapport à 2015, la proportion d’élèves situés sous le niveau 2 de compétence a augmenté de 12 points en mathématiques et de 11 points en compréhension de l’écrit.
Cela ne signifie pas pour autant que la France serait « dernière » du classement PISA 2025. Les performances françaises restent globalement proches de la moyenne des pays de l’OCDE. Le constat préoccupant concerne surtout l’évolution des performances au fil du temps.
Et cette baisse ne concerne d’ailleurs pas uniquement la France. Dans l’ensemble de l’OCDE, les scores moyens en lecture ont diminué de 28 points entre 2015 et 2025 et ceux de mathématiques de 22 points.
Lecture et mathématiques : pourquoi les difficultés peuvent-elles s’accumuler ?
Un enfant qui rencontre une difficulté ponctuelle en CP n’est évidemment pas condamné à être en difficulté plusieurs années plus tard.
Il est donc important de ne pas établir un raccourci entre les résultats PISA des adolescents de 15 ans et le niveau des enfants de CP.
En revanche, les apprentissages scolaires se construisent progressivement les uns sur les autres.
Pour comprendre un problème mathématique, par exemple, l’enfant doit non seulement maîtriser certaines notions mathématiques, mais également être capable de lire et comprendre l’énoncé, sélectionner les informations importantes et comprendre ce qu’on lui demande.
De la même manière, plus les textes deviennent complexes au cours de la scolarité, plus une lecture laborieuse peut mobiliser une grande partie de l’attention de l’enfant au détriment de la compréhension.
C’est notamment pour cette raison que le cycle 2 — CP, CE1 et CE2 — est celui des apprentissages fondamentaux, avec pour objectif de construire des bases solides en lecture, en écriture et en mathématiques.
Le CP : une année déterminante pour la lecture et l’écriture
Le CP marque l’entrée dans l’apprentissage formel et structuré de la lecture et de l’écriture.
Décoder, associer les lettres aux sons, lire des mots puis des phrases, comprendre ce qui est lu, former les lettres, encoder des syllabes, écrire des mots… toutes ces compétences se développent progressivement et sont étroitement liées.
L’enjeu n’est pas d’exiger que tous les enfants avancent exactement au même rythme. Des hésitations et des erreurs font naturellement partie de l’apprentissage.
Il s’agit plutôt de repérer lorsqu’une difficulté persiste, d’essayer de comprendre ce qui bloque et de proposer à l’enfant des occasions adaptées de retravailler la compétence concernée.
Un enfant peut par exemple comprendre ce qu’il souhaite écrire mais être freiné par le geste graphique, la formation des lettres ou l’organisation de son écriture. Si c’est une difficulté que vous observez, vous pouvez également découvrir pourquoi certains enfants ont du mal à écrire en CP et comment les accompagner progressivement.
Les difficultés sont déjà très différentes d’un enfant à l’autre en CP
Les évaluations nationales permettent justement d’identifier les compétences qui restent fragiles chez certains enfants.
À mi-CP en 2026, environ les trois quarts des élèves étaient correctement entrés dans la lecture. Mais entre 5,7 % et 8,6 % des élèves, selon l’épreuve, n’étaient pas encore du tout entrés dans la lecture à voix haute. En écriture, 78 % réussissaient correctement l’écriture de mots et 82,4 % celle de syllabes.
Ces chiffres ne signifient pas que les autres élèves seront nécessairement durablement en difficulté. Ils montrent surtout pourquoi un même exercice ne répond pas forcément aux besoins de tous les enfants.
L’un peut avoir du mal à reconnaître certaines lettres. Un autre décode correctement mais peine à comprendre ce qu’il vient de lire. Un autre encore lit correctement mais rencontre des difficultés lorsqu’il doit écrire.
Identifier précisément ce qui pose problème permet d’apporter une réponse beaucoup plus adaptée que simplement demander à l’enfant de « travailler davantage ».
Pourquoi la lecture et l’écriture sont-elles particulièrement importantes ?
Parce qu’elles dépassent très rapidement le seul cours de français.
Au fil de la scolarité, lire devient aussi un moyen d’apprendre.
Comprendre une consigne, résoudre un problème, chercher une information dans un document, apprendre une leçon, rédiger une réponse ou expliquer son raisonnement nécessitent progressivement de mobiliser la lecture et l’écriture.
C’est pourquoi une difficulté persistante en lecture ou en écriture mérite d’être accompagnée tôt.
Non pour mettre davantage de pression sur l’enfant, mais justement pour éviter qu’il doive fournir, année après année, un effort considérable sur une compétence qui devrait progressivement devenir plus automatique.
Pour travailler spécifiquement la compréhension avec de jeunes lecteurs, de courts textes de compréhension avec questions pour le CP peuvent par exemple permettre de distinguer progressivement le décodage de la compréhension : l’objectif n’est plus seulement de réussir à lire les mots, mais de comprendre ce que le texte raconte et retrouver les informations importantes.
Et en mathématiques ?
La même logique s’applique aux mathématiques.
En CP, l’enfant construit progressivement sa compréhension des nombres, apprend à les comparer, commence à automatiser certains calculs et développe ses premières stratégies de résolution de problèmes.
Les évaluations nationales montrent d’ailleurs régulièrement que la résolution de problèmes fait partie des compétences qui peuvent mettre les élèves en difficulté à l’école élémentaire.
Là encore, l’objectif n’est pas d’accumuler les fiches d’exercices.
Un enfant qui ne comprend pas une notion peut avoir besoin de revenir à quelque chose de plus concret : manipuler des objets, représenter une quantité, utiliser une ligne numérique, dessiner une situation ou verbaliser son raisonnement.
L’apprentissage des nombres constitue notamment l’une de ces premières fondations. Si votre enfant peine à comprendre les dizaines et les unités, à reconnaître certains nombres ou à passer de leur écriture chiffrée à leur écriture en lettres, retrouvez également 7 méthodes pour aider un enfant à apprendre les nombres jusqu’à 100.
Pour varier les entraînements, les ressources de mathématiques CP, CE1 et CE2 regroupent également des jeux et activités autour des nombres, des additions, des soustractions, de la résolution de problèmes et, plus tard, des multiplications.
Combler les lacunes ne signifie pas faire « plus d’école » à la maison
C’est probablement l’un des points les plus importants.
Lorsqu’un enfant rencontre des difficultés, la première réaction peut être de multiplier les exercices.
Mais faire davantage de la même chose n’est pas toujours ce dont il a besoin.
Si une méthode ne lui permet pas de comprendre une notion, il peut être plus utile de la présenter autrement.
Selon les besoins de l’enfant, cela peut passer par :
- la manipulation pour rendre une notion plus concrète ;
- des supports visuels pour faciliter la compréhension et la mémorisation ;
- des jeux permettant de réutiliser une compétence dans un autre contexte ;
- de courtes activités régulières plutôt qu’une longue séance ;
- la verbalisation : demander à l’enfant d’expliquer comment il a trouvé sa réponse ;
- une progression par petites étapes, en revenant temporairement à une compétence antérieure lorsque cela est nécessaire.
L’objectif n’est pas de transformer la maison en deuxième école, mais de multiplier les occasions de comprendre et de réussir.
Cette façon d’aborder les apprentissages est particulièrement intéressante pour les enfants qui ne parviennent pas à progresser uniquement avec des exercices classiques. Le jeu n’a pas vocation à remplacer l’enseignement, mais il peut constituer une autre situation dans laquelle l’enfant manipule, réfléchit et réutilise une compétence. J’explique plus en détail pourquoi le cerveau apprend mieux en jouant dans cet article consacré à l’apprentissage par le jeu.
Répéter, oui… mais pas forcément toujours de la même manière
La répétition reste indispensable pour de nombreux apprentissages : reconnaître rapidement les lettres, lire des mots fréquents, mémoriser certains calculs ou, plus tard, connaître les tables de multiplication.
Mais répéter une notion ne signifie pas nécessairement refaire dix fois la même fiche.
Un même apprentissage peut être travaillé à travers la lecture, l’écriture, la manipulation, un jeu de cartes, un memory, un domino, un loto ou une petite situation-problème.
L’enfant retrouve alors régulièrement la compétence, mais dans des contextes différents.
Prenons l’exemple des nombres jusqu’à 100. Un enfant peut d’abord lire un nombre, l’associer à son écriture en lettres, puis le retrouver dans un memory ou un domino. Un pack de jeux autour des nombres de 1 à 100 permet justement de retravailler la même compétence à travers plusieurs mécaniques de jeu plutôt que de répéter exactement le même exercice.
Cette diversité permet également aux parents de mieux observer comment leur enfant apprend : certains comprennent immédiatement lorsqu’ils manipulent, d’autres ont besoin de voir, de verbaliser ou de répéter plusieurs fois avant de se sentir à l’aise.
Comment savoir si une difficulté mérite davantage d’attention ?
Une erreur isolée n’est pas inquiétante.
En revanche, lorsqu’une même difficulté revient régulièrement malgré les explications et les entraînements, il peut être utile de chercher ce qui se trouve réellement derrière l’erreur.
En lecture et en écriture, on peut par exemple observer si l’enfant :
- reconnaît facilement les lettres et les sons associés ;
- parvient à assembler les sons pour lire un mot ;
- lit lentement mais comprend ce qu’il lit ;
- décode correctement mais ne comprend pas la phrase ;
- rencontre surtout des difficultés pour écrire les sons qu’il entend ;
- confond régulièrement certaines lettres.
En mathématiques, on peut se demander s’il :
- comprend réellement ce que représente un nombre ;
- parvient à comparer des quantités ;
- utilise encore systématiquement ses doigts pour certains calculs ;
- comprend le sens de l’addition ou de la soustraction ;
- sait calculer mais ne comprend pas les problèmes.
Ces observations permettent de passer de « mon enfant est mauvais en lecture ou en maths » à une question beaucoup plus utile :
« Quelle compétence précise lui pose problème et comment puis-je l’aider à la comprendre autrement ? »
Intervenir tôt sans mettre de pression
Combler une lacune ne signifie surtout pas demander à un enfant de CP de travailler pendant des heures après l’école.
Un enfant qui rencontre déjà des difficultés peut rapidement associer les apprentissages à l’échec s’il est constamment confronté à des exercices trop difficiles.
Mieux vaut souvent revenir temporairement à une étape qu’il maîtrise, puis augmenter progressivement la difficulté.
Une activité courte dans laquelle l’enfant réussit, suivie d’un petit défi accessible, peut être beaucoup plus constructive qu’une longue série d’exercices qui se termine dans la frustration.
Et lorsqu’une difficulté persiste malgré les adaptations, il est important d’en parler avec l’enseignant afin de croiser les observations et, si nécessaire, d’envisager un accompagnement adapté.
Ce que PISA 2025 peut finalement nous apprendre
Les résultats PISA 2025 en France ne doivent pas servir à culpabiliser les parents, les enseignants ou les enfants.
Ils ne signifient pas non plus qu’il faudrait demander toujours davantage de travail scolaire aux plus jeunes.
Ils rappellent en revanche quelque chose d’essentiel : la lecture, l’écriture et les mathématiques constituent des fondations sur lesquelles viennent s’appuyer de nombreux apprentissages futurs.
Et ces fondations commencent à se construire bien avant 15 ans.
Repérer une difficulté en CP, chercher à la comprendre et proposer d’autres façons de travailler une notion peut contribuer à éviter qu’une petite fragilité devienne progressivement un obstacle plus important.
L’objectif n’est pas que tous les enfants apprennent de la même manière ou au même rythme.
C’est de permettre à chacun de construire des bases suffisamment solides pour continuer à apprendre, comprendre et prendre confiance au fil de sa scolarité.
🌍 PISA 2025 : un regard à l'international
La baisse des performances en lecture et en mathématiques ne concerne pas uniquement la France. Pour aller plus loin, retrouvez notre article en anglais consacré aux résultats PISA 2025 à l'échelle internationale, avec un éclairage sur les États-Unis, le Canada et l'importance de consolider les apprentissages fondamentaux dès les premières années d'école.
→ Découvrir notre analyse internationale de PISA 2025 (article en anglais)