Pourquoi mon enfant a du mal à résoudre les problèmes de maths au CP ?

Votre enfant sait faire une addition lorsqu'elle est présentée sous la forme 5 + 3, mais reste bloqué devant un problème comme « Léa a 5 billes et en reçoit 3. Combien en a-t-elle maintenant ? » ?

Cette situation est fréquente. Résoudre un problème de maths au CP ne consiste pas seulement à savoir calculer. L'enfant doit comprendre une petite situation racontée avec des mots, repérer les informations importantes, comprendre ce que l'on cherche, représenter mentalement la situation, choisir une stratégie puis effectuer le calcul.

Autrement dit, un enfant peut savoir additionner ou soustraire et malgré tout rencontrer des difficultés pour résoudre des problèmes mathématiques.

Les résultats des évaluations nationales françaises confirment d'ailleurs que cette compétence est exigeante : en 2025, la résolution de problèmes fait partie des domaines mathématiques les moins bien réussis du CP au CE2. En début de CP, 69,3 % des élèves obtiennent des résultats considérés comme satisfaisants en résolution de problèmes. Ce résultat est en progression par rapport à 2019, où cette proportion était de 66,1 %, mais il signifie aussi qu'une partie importante des élèves entre au CP sans maîtriser encore suffisamment cette compétence.

Alors, pourquoi certains enfants bloquent-ils devant les problèmes de maths au CP et comment les aider concrètement ?


Résoudre un problème demande bien plus que savoir calculer

Prenons un exemple très simple :

Tom a 7 voitures. Il en donne 3 à son frère. Combien de voitures lui reste-t-il ?

Pour un adulte, la soustraction paraît évidente.

Pour un enfant qui apprend à résoudre des problèmes, plusieurs opérations mentales sont nécessaires. Il doit comprendre ce que signifie « il en donne 3 », conserver les quantités 7 et 3 en mémoire, comprendre que la quantité diminue, identifier ce que la question demande, choisir une façon de représenter la situation puis effectuer le calcul.

C'est pourquoi il est utile de distinguer difficulté à calculer et difficulté à résoudre un problème.

Un enfant peut parfaitement réussir :

7 − 3 = 4

mais ne pas savoir que l'histoire de Tom correspond à cette opération.

Les recommandations du What Works Clearinghouse, rattaché à l'Institute of Education Sciences américain, vont d'ailleurs dans ce sens : l'enseignement explicite des problèmes mathématiques constitue une recommandation spécifique, distincte du travail sur les procédures de calcul. 


Pourquoi mon enfant ne comprend-il pas les problèmes de maths ?

Il n'existe pas une seule explication. Observer à quel moment l'enfant bloque permet souvent de mieux comprendre ce qui lui pose problème.

1. Il ne comprend pas suffisamment l'énoncé

Un problème mathématique est aussi une tâche de compréhension.

Des expressions comme en tout, il reste, de plus, de moins, chacun, autant que ou combien manque-t-il peuvent compliquer la situation.

Un enfant peut donc rencontrer des difficultés non pas parce qu'il « ne comprend rien aux maths », mais parce qu'il n'a pas correctement compris l'histoire racontée par le problème.

Une première stratégie très simple consiste à demander :

« Peux-tu me raconter avec tes mots ce qui se passe ? »

Avant même de chercher un calcul.

2. Il cherche immédiatement des nombres à calculer

Certains enfants prennent les deux nombres présents dans l'énoncé et essaient immédiatement de les additionner ou de les soustraire.

Ils ont compris qu'un problème « demande un calcul », mais pas encore que le calcul doit représenter la situation.

Dans ce cas, ralentir est utile.

Avant de poser une opération, demandez :

Qu'est-ce qu'on sait ?
Qu'est-ce qu'on cherche ?
Que se passe-t-il dans l'histoire ?
La quantité augmente-t-elle, diminue-t-elle ou cherche-t-on à comparer deux quantités ?

Ces questions obligent l'enfant à réfléchir au sens avant de calculer.

3. Addition ou soustraction : il ne sait pas quelle opération choisir

C'est une difficulté très fréquente.

On pourrait être tenté d'apprendre à l'enfant :

« Quand tu vois en tout, tu additionnes. »
« Quand tu vois reste, tu soustrais. »

Mais cette stratégie des mots-clés a des limites.

Le guide du What Works Clearinghouse recommande justement de ne pas enseigner une association automatique entre certains mots et certaines opérations. Un même mot peut apparaître dans des problèmes dont la structure mathématique est différente. Il est préférable d'apprendre à l'enfant à comprendre la situation et à reconnaître différents types de problèmes.

Par exemple :

Emma a 8 feutres. Léo en a 3 de moins. Combien Léo a-t-il de feutres ?

Ici, « de moins » aide à comprendre la relation, mais l'essentiel reste de représenter les deux quantités et leur différence.

L'objectif est donc progressivement de passer de :

« Quel mot me dit quelle opération faire ? »

à :

« Qu'est-ce qui se passe avec les quantités ? »

4. Il a du mal à se représenter la situation

Pour certains enfants, une histoire uniquement écrite reste très abstraite.

Prenons :

Il y a 6 oiseaux sur une branche. 2 oiseaux s'envolent.

On peut demander à l'enfant d'imaginer la scène.

Mais on peut aussi poser 6 jetons, en retirer 2, puis observer ce qui reste.

Le problème devient visible.

Cette étape est loin d'être inutile ou réservée aux enfants « en difficulté ». Les recommandations fondées sur la recherche du What Works Clearinghouse accordent un niveau de preuve élevé à l'utilisation de représentations concrètes et semi-concrètes pour soutenir l'apprentissage des concepts et procédures mathématiques à l'école élémentaire.

C'est justement pour cette raison que des problèmes illustrés et des activités de manipulation peuvent être intéressants au début de l'apprentissage.

Les enfants peuvent manipuler des objets, déplacer des éléments, les barrer, les dessiner ou représenter les quantités avant d'écrire l'opération.

Les problèmes d'addition illustrés CP de PrintiKids proposent par exemple 8 situations accompagnées d'éléments à découper et manipuler afin de travailler le sens de l'addition avant ou parallèlement au calcul. 


Comment aider un enfant à résoudre un problème de maths au CP ?

Il n'est pas nécessaire de lui donner immédiatement la bonne opération.

Au contraire, on peut construire une petite routine qu'il retrouvera progressivement devant chaque problème.

Étape 1 : lire le problème sans chercher à calculer

La première lecture sert simplement à comprendre l'histoire.

Demandez :

« Qu'est-ce qui se passe ? »

Si l'enfant ne peut pas l'expliquer avec ses propres mots, inutile de passer immédiatement au calcul.

Relisez l'énoncé avec lui.

Le guide américain consacré aux interventions en mathématiques recommande notamment de relire les problèmes, poser des questions guidées et travailler explicitement le vocabulaire mathématique.

Étape 2 : identifier ce que l'on cherche

Une question toute simple peut aider :

« Qu'est-ce qu'on doit trouver ? »

Pas encore « quelle opération faut-il faire ? ».

L'enfant doit d'abord comprendre l'objectif.

Étape 3 : représenter le problème

Si nécessaire, sortez du cahier.

L'enfant peut utiliser :

des jetons, des cubes, des Lego, des boutons, des petits objets, ses doigts, un dessin, des images à déplacer ou une ligne numérique.

L'objectif n'est pas de conserver éternellement le matériel, mais de faire le lien entre la situation concrète et son écriture mathématique.

Par exemple :

🍎 🍎 🍎 🍎 + 🍎 🍎

devient progressivement :

4 + 2

puis simplement :

4 + 2 = 6

C'est le passage du concret vers la représentation, puis vers l'abstraction.

Les activités d'addition et de soustraction CP-CE1 de PrintiKids regroupent justement différents supports permettant de travailler ces opérations à travers des problèmes, des représentations visuelles et des activités progressives.

Étape 4 : choisir l'opération seulement après avoir compris la situation

Une fois le problème représenté, demandez :

« Qu'est-ce qui arrive à la quantité ? »

Si 4 enfants sont rejoints par 3 autres, les deux groupes sont réunis.

Si 3 objets sont retirés d'une collection de 8, la quantité diminue.

Si l'on cherche l'écart entre deux collections, on compare.

Petit à petit, l'enfant comprend que l'addition et la soustraction ne sont pas simplement des signes + et − : elles permettent de représenter des relations entre des quantités.

Pour travailler séparément ces premières situations, le Pack d'additions CP-CE1 associe problèmes illustrés, exercices progressifs et manipulation. Le Pack de soustractions CP-CE1 reprend une approche similaire pour comprendre progressivement le sens de la soustraction.

Étape 5 : vérifier si la réponse est logique

Cette dernière étape est souvent oubliée.

Une fois le calcul effectué, demandez :

« Est-ce que ta réponse est possible dans l'histoire ? »

Si Léa possède 8 bonbons et en mange 3, obtenir 11 bonbons devrait provoquer une interrogation.

Cette habitude apprend à l'enfant que résoudre un problème ne consiste pas seulement à produire un résultat : il faut aussi vérifier que ce résultat correspond à la situation.


Une méthode simple à retenir : raconter → représenter → calculer → vérifier

Pour un enfant qui bloque régulièrement, on peut résumer toute la démarche en quatre actions :

1. Raconter
Que se passe-t-il dans le problème ?

2. Représenter
Peut-on le montrer avec des objets, un dessin ou un schéma ?

3. Calculer
Quelle opération représente ce que nous venons de montrer ?

4. Vérifier
Le résultat est-il cohérent avec l'histoire ?

Cette routine peut progressivement devenir automatique.

Et surtout, elle déplace l'attention du simple « trouve le bon calcul » vers « comprends ce que tu es en train de résoudre ».


Faut-il faire beaucoup de problèmes pour progresser ?

Pas nécessairement en une seule fois.

Pour un enfant qui rencontre déjà des difficultés, une longue série de problèmes peut augmenter la fatigue et conduire à des réponses de plus en plus automatiques.

Mieux vaut parfois travailler quelques problèmes bien choisis, prendre le temps de les représenter et demander à l'enfant d'expliquer son raisonnement.

Il est également intéressant de varier les situations plutôt que de proposer vingt fois exactement la même structure.

Le What Works Clearinghouse recommande notamment de travailler explicitement différents types de problèmes et d'éviter de ne présenter qu'une seule structure avec toujours l'inconnue placée au même endroit.

Pour alterner problèmes illustrés, manipulation et entraînement plus classique, le Maxi Pack Additions et Soustractions CP-CE1 permet de travailler progressivement les deux opérations à travers différentes situations.


Et si mon enfant sait résoudre le problème avec des objets mais pas sur papier ?

C'est plutôt une information intéressante.

Cela peut signifier qu'il comprend la situation mathématique, mais qu'il n'a pas encore suffisamment automatisé le passage de la représentation concrète vers les symboles.

On peut alors effectuer la transition progressivement :

objets réels → images ou dessins → schéma → opération

Plutôt que de supprimer brutalement le matériel.

Les représentations ne doivent cependant pas devenir une activité déconnectée du calcul : il est important d'aider l'enfant à comprendre explicitement ce que chaque objet, dessin ou symbole représente dans le problème. C'est également un principe mis en avant dans les recommandations sur l'utilisation des représentations en mathématiques. 


Peut-on apprendre les maths de manière plus ludique ?

Oui, à condition de garder un objectif pédagogique clair.

Manipuler, jouer, expérimenter ou résoudre une situation concrète ne signifie pas supprimer les apprentissages formels. Ces approches peuvent au contraire servir de porte d'entrée vers une notion abstraite, avant de revenir progressivement aux nombres et aux opérations.

Si cette approche vous intéresse, nous expliquons plus largement pourquoi le jeu peut soutenir certains apprentissages chez l'enfant.

Dans le cas des problèmes mathématiques, il n'est d'ailleurs pas nécessaire de transformer chaque exercice en jeu : manipuler, dessiner, raconter ou mettre en scène le problème suffit déjà à rendre la situation plus concrète.


Quand faut-il s'inquiéter des difficultés en résolution de problèmes ?

Un blocage ponctuel au CP n'indique pas à lui seul un trouble des apprentissages.

Les compétences sont encore en construction et les enfants peuvent progresser à des rythmes différents.

En revanche, il peut être utile d'en parler avec l'enseignant lorsque les difficultés sont importantes, persistantes et présentes dans plusieurs situations, notamment si l'enfant :

ne comprend régulièrement pas les petites quantités ou les relations entre elles ; peine durablement à effectuer des calculs simples malgré les entraînements ; ne parvient pas à comprendre des problèmes très simples même lorsqu'ils sont reformulés ou manipulés ; ou développe une forte anxiété face aux mathématiques.

L'objectif n'est pas de poser soi-même un diagnostic, mais de déterminer où se situe précisément la difficulté et quel accompagnement pourrait être utile.

Pour approfondir ce sujet, vous pouvez lire notre article Mon enfant bloque en maths : quand faut-il s'inquiéter ?.

Et lorsqu'une difficulté apparaît plus largement en début d'année scolaire, l'article Mon enfant est en difficulté à la rentrée : comment l'aider ? propose également des pistes pour observer les difficultés, échanger avec l'école et accompagner l'enfant sans augmenter la pression.


L'essentiel : chercher où l'enfant bloque

Lorsqu'un enfant n'arrive pas à résoudre un problème de maths au CP, lui proposer simplement davantage de calculs n'est pas toujours la réponse.

Essayez plutôt d'identifier l'étape qui pose problème :

Comprend-il l'énoncé ?
Sait-il ce qu'il cherche ?
Arrive-t-il à représenter la situation ?
Comprend-il si les quantités augmentent, diminuent ou sont comparées ?
Sait-il effectuer le calcul une fois l'opération identifiée ?

La réponse à ces questions permet de proposer un accompagnement beaucoup plus précis.

Et lorsqu'un problème paraît trop abstrait, revenir temporairement au dessin, à la manipulation ou à une situation concrète peut aider l'enfant à construire le sens avant de revenir aux symboles mathématiques.

Pour retrouver différents supports autour de ces apprentissages, découvrez notre collection d'activités sur les additions et les soustractions CP-CE1, avec des problèmes illustrés, des exercices progressifs et des activités de manipulation.

 



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